samedi 22 décembre 2012

adecouvrirabsolument.com / " nous n'avons fait que fuir "

Vu le 30 décembre 2005 sur adecouvrirabsolument.com : Critique " nous n'avons fait que fuir "


Vous allez me dire il y a plus simple à chroniquer qu'un long morceau de 45 minutes, surtout après Vilnius. Comment ne pas voir en chaque phrase, chaque mot une allusion, rendant quasi-absurde la moindre interpretation. Long poême, longue fresque shamanique, ce " nous n'avons fait que fuir " n'est rien d'autre que le prolongement des fins de concerts épileptiques et destructrices de Noir Désir, ici allégées par l'absence de contrainte, par l'absence de régle conssumériste, ici Cantat et Noir Désir peuvent aller aussi loin qu'ils veulent sans passer par l'opportunuité de tout gagner. On pourra longtemps s'interroger sur le sens à prendre pour ne pas faire une sortie de route, on pourra s'interroger sur ceci, sur cela, mais ce disque n'est-il pas justement l'absence d'interrogation comme bras armé. Comédie surjouée, férré dans la fumée scénique, " nous n'avons fait que fuir " parle de direction à prendre ou non, de la direction que nous sommes tous à chercher . Nous n'avons fait que fuir à cogner dans les angles, nous n'avons que fuir devant la tache de parler de ce disque. Alors écouter le livre, lisez le disque, ou ne faites que fuir, baignez vous dans des baignoires d'or ou aimez à plus ne savoir qu'elle direction est à prendre pour fuir. Ne perdez rien ne fuyez pas, enfin pas encore, gardez bien en vue l'horizon fuyant, à force vous le rattraperez, pas comme l'histoire.

Gerald de oliveira

musique-chroniques.ch / Critique " nous n'avons fait que fuir "

Vu le 30 décembre 2005 sur http://www.musique-chroniques.ch/ : Critique " nous n'avons fait que fuir "

Dans le cadre d'une soirée carte blanche à Noir Désir proposée par France Culture, le groupe se retrouve durant sa tournée des Visages des Figures en 2002 et enregistre, en une prise et en public, un long morceaux de 55 minutes sur les textes de Cantat. "Tout a été jeté, craché et le résultat est là" écrit Bertrand dans une postface pré-Vilnusienne, et c'est bien le sentiment qui ressort à l'écoute de ce livre-cd. Noir Dés' prolonge l'expérience de "L'Europe" que l'on trouve sur le précédent album en laissant la mère Fontaine à ses délires dans son Kékéland. Les textes sont moyennement compréhensibles, il y a des éclairs de génie bien sûr, mais il y a surtout beaucoup de longueurs, et si l'on arrive pas d'une manière ou d'une autre à "s'ouvrir les portes de la perception", ces 55 minutes risque d'ennuyer quelque peu. For fans only…



le sto
10 08 2004

Nous n'avons fait que fuir / Soyons.désinvoltes. par Moland Fengkov

Vu le 30 décembre 2005 sur http://moland.kaywa.com : Soyons.désinvoltes. par Moland Fengkov

"Le tragique est survenu entre-temps, avec sa part d’irrémédiable. D’aucuns voudraient tout effacer. Je crois au contraire que le propre de l’homme, ce qui le fait grand, est la mémoire, où l’on regarde le pire et le meilleur. Il le rend plus problématique. A chacun, désormais, de faire son usage de la mémoire". (Bernard Comment)



Il nous reste des traces. Tombé par hasard, en musardant dans les rayons d’un grand magasin, sur un petit livret au titre énigmatique et au nom plus qu’évocateur. Rapide coup d’œil sur la quatrième de couverture, pour apprendre qu’en juillet 2002, «lors du festival de Montpellier Radio-France, Noir Désir répondait à une invitation de France Culture pour un concert unique.» Dans un cadre exceptionnel, le cloître du couvent des Ursulines, le plus grand groupe de rock français de tous les temps ne s’est pas contenté de répondre à l’invitation, mais s’est livré à une véritable performance, avec tout ce que cet exercice implique d’improvisation, d’aléatoire, de magique et d’exceptionnel. Les éditions Verticales restituent dans ce petit livre, accompagné d’un CD, le texte de ce long morceau de 55 minutes, titré Nous n'avons fait que fuir, tendu comme un titre des Doors, violent comme une colère sourde, poétique comme l’œuvre d’un Rimbaud ou d’un Lautréamont, frénétique comme le chant d’un Brel.
Impossible de dissocier l’œuvre de Noir Déz du drame au cœur duquel se place son leader charismatique, Bertrand Cantat. Est-ce la fin du groupe pour autant ? Trop d’encre a coulé à ce sujet, alors pourquoi y revenir, à l’occasion de cet achat ? Simplement parce qu’il y a peu, je suis tombé sur un clip du groupe interprétant en duo avec Bashung une chanson, «volontaires», juste le temps de nous rappeler que les petits nouveaux, Luke, Saez, et consort, auront beau se racler la gorge, la laisser dérailler au bout de certaines phrases, ou encore rouler les r, personne ne remplacera ni n’égalera la force poétique des textes de Cantat, dits, susurrés, hurlés, déclamés comme dans cette longue incantation, avec autant de maîtrise et de cœur. Ce soir Bertrand ne dérange que les démons et les anges, mais son ombre continue de traîner sur les platines, dans les esprits des amoureux du rock à texte. Au patrimoine. Et on continuera à se méfier des contrefaçons. Il n’est pas encore venu, le temps où l’œuvre de ce groupe mythique et unique, loin d’être enterré, aura entraîné le public dans la lassitude. Lost, peut-être, mais not stranded yet.






.Nous.n'avons.fait.que.fuir.[Bertrand.Cantat].
.Editions.Verticales.


dimanche 16 décembre 2012

"INROCKUPTIBLES" – N°9 – Décembre 1987 / Janvier 1988

Coupure de Presse : "INROCKUPTIBLES" – N°9 – Décembre 1987 / Janvier 1988.

NOIR DESIR"Où veux-tu qu' je r'garde"
(45t, Barclay)
 
On n'a peut-être pas assez insisté lors de la sortie du mini-Lp dont est extrait ce single que, s'il y a un nouveau groupe français à élire en 87, c'est Noir Désir. Seul groupe à avoir évacué les tentations de faire du rock-variet’ ou du punko-franchouillard, seul groupe à avoir réussi le mariage de la langue française avec les sonorités d'un rock mature aux prétentions internationales. On ajoutera que la voix haut perchée de Bertrand Cantat a une réelle personnalité et que la production est signée Théo-la-vérité-est-toujours-révolutionnaire-Hakola.
N. Bates

« Le monde de la musique » - n°98 – Mars 1987

Coupure de Presse : « Le monde de la musique » - n°98 – Mars 1987
NOIR DÉSIR
Où veux-tu que’je r’garde.

Au début, rien. Le diamant frotte le vinyle, et rien. Ou si: la batterie sur le sentier de la guerre, la basse qui épaule, la guitare qui met en joue et deux ou trois accords de piano qui font les sommations, discrètement. On songe aux couleurs souterraines du dernier Died Pretty ou encore - et surtout - à Gun Club. Pas si mal pour un groupe français, mais bon... Puis la voix entre dans le jeu, agréable, un peu geignarde quand même, sentant sa jeunesse, Paul Personne sans les cailloux dans la gorge. Et la voix chante: « J’ai tremblé c'est un signe / Je ne resterai pas digne / Les cas extrêmes sont toujours les mêmes. » Surprise. Rockers Intelligents, sensibles au texte. Curieuse aussi cette rencontre, présagée improbable, de Gun Club et du français ; cette sensation que, dans la langue, quelque chose a été forcé. Comme chez Gainsbourg, mais autrement. Comme chez Bashung, mais autrement.
On continue. Après un constat clinique (« J’ai la nausée quand je reste assis ») et une affirmation prémonitoire désolée (« Oh je n'ai jamais pu l’oublier / L’odeur des endroits où j’irai / C'est une question de moeurs »), on croise subitement l'ombre pendue de Nerval au beau milieu d'une satire circulaire des snobs: « Ah! pouvoir partir et mourir avec El Desdichado et oublier les salons gris où la classe supérieure danse encore du bout des... » Nouvel étonnement.
Alors on se renseigne. Noir Désir est un groupe de Bordeaux, berceau de La Boétie, Montaigne et Montesquieu. Voilà qui expliquerait peut-être la littérature. Et la musique ? Sollers, autre écrivain du cru (mais plus jobard), dit quelque part que « Bordeaux est un signe de ralliement sudiste. » Théorie audible dans le disque à travers l'harmonica south-western qui chuinte en suspens et cette fièvre jaune, bourbeuse, fièvre des marigots qu'inoculent les sept titres (en effet, il ne s'agit pas d'un 33-T, mais d'un simple mini-LP. Comme au poker, sept titres pour voir, sept petits titres et puis s'en vont, ou encore : « Tourne ta langue sept titres dans ta bouche avant d'enregistre r»).
A ce point, je devrais avoir le courage d'être critique, de chipoter un peu: sur la voix (déjà dit), mais aussi sur le manque de concision des compositions, malgré la production tout en angles de Théo Hakola (Passion Fodder). C'est vrai, ce disque est imparfait. Cette vertu-là, la perfection, attendra encore un peu. Mais de deux choses l'une. Primo, ce mini-LP est symbolique d'un renouveau du rock français. Comme en 77/78 sous l'impulsion de Téléphone, les major compagnies ont l'air de croire à nouveau aux groupes, aux guitares, au rock
( ainsi Barclay a aussi signé Gamine, un autre groupe de Bordeaux dont on attend le
45-T), Secundo, ce disque n'est pas un disque.
C'est une préface, un préambule, une déclaration d'intentions, l'annonce d'un trajet, une levée d'ancre. Non pas le plaisir brut mais sa seule amorce, non pas l'extase mais son vestibule où l'on goûte l'émotion de l'attente avant l'émotion de l'extase elle-même. C'est donc ce qui suivra ce mini-LP qui nous intéressera tout particulièrement.
Arnaud Viviant.
Barclay



"MUSIC’N SHOW" - n°4, février 1988

Coupure de Presse - "MUSIC’N SHOW" - n°4, février 1988
NOIR DÉSIR

"Où veux tu qu’je r'garde"
45 T - Barclay 887158-7

C'est bien ficelé. Noir Désir impose un style qui lui est propre. Quant à savoir si ce sera un disque d'or, je suis dubitatif.

"ROCK HARDI" - n°13/14, 1987

Coupure de Presse : "ROCK HARDI" - n°13/14, 1987

NOIR DÉSIR : "Ou veux-tu qu'je r'garde" mini LP (Barclay)
Révélation des Transmusicales 86, produit par Théo Hakola (Passion Fodder), ce mini LP de Noir Désir s'intitule "Où veux-tu qu'je r'garde": telle est la question ! Guitares ciselées et volages sont au rendez-vous, ainsi qu'une voix qui ne peut être que le témoignage d'un anglomane convaincu, élevé avec Jeffrey Lee PIERCE. Une voix servie par des textes ésotériques et une musique forte. Bref, nous succombons à une véritable émotion, celle des grands jours, Sombre (s), Écorché (s), Sensible (s), fragile(s).
Noir Désir, sublime forcément sublime.